L'Inde en plein De-H-li re!

Comment résumer un voyage en Inde, aussi court soit il, en un simple post sur internet. L’Inde, c’est un peu le pays dont je rêvais depuis des années mais auquel je refusais de me confronter. La pauvreté, le dépaysement fait peur c’est certain. L’Inde, c’est aussi le pays que ma mère rêve de visiter et il fallait bien que l’une d’entre nous s’y rende ! Et moi, j’avais l’avantage d’avoir l’habitude de prendre l’avion comme on prend le ter. Alors une fois passée par un petit bout d’Asie du Sud-Est, je pouvais enfin m’y rendre sans grosse appréhension. Les vaccins ? Pour quoi faire ?

L’Inde est un grand pays…il fallait donc choisir. Grâce aux nombreux conseils récoltés à droite et à gauche, nous avons opté pour le Rajasthan, au Nord du pays. Sans vraie raison, juste parce qu’il fallait choisir. Et pour ce faire, rien de mieux que la compagnie de Bérengère, éternelle optimiste et enthousiaste, qui saura rire des péripéties que nous risquions de vivre…et que nous avons vécu.


C’est non sans appréhension que l’on débarque à l’aéroport de Dehli. Bérengère est déjà en condition, puisque selon elle « çà sent les épices » même dans l’avion ! Après un arrêt à Abu Dhabi (que nous ne savons même pas situer sur une carte) et 12 heures de vol, nous arrivons plus très fraîches dans le chaos indien. Enfin presque. Parce que finalement c’est plutôt propre et calme un aéroport indien. 

A première vue, la seule différence réside dans la population présente, souriante mais aussi vêtue de jolis "déguisements". Nous passons les Douanes...ou du moins JE les passe. Car Bérengère à qui j’avais donné une adresse bidon trouvée dans le guide a des petits problèmes avec Monsieur le Douanier. L’adresse…était en fait celle d’une gare de bus ! Euh...oui...enfin non on ne dort pas dans une gare Monsieur, c'est juste une petite erreur.

Finalement le douanier comprend qu’il avait à faire à deux énergumènes et laisse rapidement tomber. Et puis la question que l’on nous posait sans cesse avant de partir et à laquelle nous avions décidé de ne pas répondre s’impose : « Bah on fait quoi maintenant ? » On se dirige vers une agence pour trouver un hôtel, pas encore assez téméraires pour se diriger vers les taxis à l’affût. Nous réservons un hôtel à un Sikh qui nous laisse son numéro et attendons bien sagement une heure correcte pour s’y rendre, vers 7 heures du matin. Pas si sagement que ça en fait. Sans le vouloir je me retrouve pourchassée par un policier qui refusait de me laisser entrer à nouveau (parceque je m'étais retrouvée dehors sans sac pour aider une Française rencontrée). Il me demande un passeport que j’avais laissé à l’intérieur de l’aéroport. Je l'ai regardé. Il m'a regardé. Il ne comprenait pas. On ne se comprenait pas en fait. Donc sans vraiment réfléchir, j’ai pensé qu’une course s’imposait. Je cours vite…enfin ça va quoi...sauf que… j’ai ralenti un peu en réalisant que le truc qu’il tenait dans la main droite était…une arme ! Il sourit quand je lui tends le passeport récupéré dans mon sac. Bérengère, restée à l’intérieur me regarde faire, un tout petit peu surprise de cette belle amitié naissante avec un homme armé.

Une fois reposée toute la matinée dans notre hôtel et réveillées par le bruit des tambours qui ne viennent de je ne sais où, nous partons à l’assaut de la ville. Nous étions arrivées un peu comateuses à notre hôtel sans vraiment réaliser la cohue dans la rue et aux abords de la gare. Quoi de mieux que le quartier bordélique de Paharganj comme entrée en matière ? Le plan de la journée : visiter au hasard. Et ça marche plutôt pas mal! Nous découvrons l’imposant Red Fort, nous baladons dans des ruelles bruyantes, sales, et bondées, traversons les bazars de la ville et visitons notamment la plus grande mosquée Jasma Masjid.

Mais comme nous sommes un peu beaucoup les seules Occidentales à se balader sans chauffeur ni tuk tuk, nous sommes rapidement repérées.

C’est donc en pleine dégustation d’un plat en pleine rue aux côtés d’une Bérengère photographe amateur que nous nous prenons un seau d’eau sur la tête sans rien comprendre à ce qui nous arrivait. Les Indiens sont morts de rire mais s’arrêtent quand ils nous voient un peu inquiètes pour l’appareil photo pas vraiment waterproof. Ils nous baragouinent une histoire d’Holi et ce n’est que plus tard également que nous réalisons que notre voyage se déroule au moment du Festival complètement déjanté d’Holi. La non préparation d’un voyage, ça réserve quelques surprises.

Dans la journée, d’autres rencontres plus ou moins éphémères ponctuent notre chemin, notamment trois adolescentes adorables qui nous amènent en métro à Connaught Place, lieu central et riche de Dehli. Elles nous prennent pour des filles de leur âge et l’une d’entre elles nous demande même si nous sommes encore vierges. Leur spontanéité fait plaisir à voir et nous nous quittons après une petite session photos tout sourire.

Après bien des hésitations nous nous rendons dans une agence officielle pour organiser notre voyage car nous avons très peu de temps devant nous. C’est ainsi que nous faisons la rencontre de Nazir, un indien musulman un peu kéké mais très sympa. Son collègue n'a pas supporté nos questions incessantes. Tout au long du voyage Nazir sera notre contact clé et nous nous attacherons aux employés chaleureux de cette agence que nous reverrons à la fin de notre séjour.


Le soir, nous restons bien Occidentales et préférons le confort de notre chambre. Bérengère décide avant de nous faire remarquer en plein Dehli en jetant sa boîte de glace dans une poubelle…qui s’avérait être un stand de nourriture. La différence est mince. C’est donc avec un bon gros fou rire et un peu de stress pour moi persuadée que l’on s’est fait arnaquer par l’agence que nous terminons cette belle première journée.

Le lendemain, Nazir a prévu un chauffeur pour la journée. Ce qui n’est pas tout à fait à notre goût il faut bien le dire. Pratique certes, mais se faire amener de force dans des magasins ou monuments nous fatigue et nous décidons de le faire rapidement comprendre au chauffeur. On fait nos princesses insupportables quoi. Nous avons l’occasion de visiter plusieurs temples dont nous avons oublié le nom sitôt prononcé, voir le Nehru Palace, l’Indian Gate où nous sommes prises en photo par beaucoup de jeunes Indiens et le Lodi Garden qui nous marquera particulièrement. Ce dernier, peu référencé dans notre guide, est un véritable havre de paix dont nous tombons sous le charme. Des anciens temples aux couleurs rosées sont rassemblés au milieu de fleurs sublimes. Enfin cette journée, c’est aussi un chauffeur dont la voiture tombe en panne dès qu’il faut redémarrer mais qui trouve toujours plusieurs Indiens aux alentours pour l’aider. Des instants drôles lors desquels on se sent vraiment dépaysées!

Il est déjà l’heure de prendre notre premier train de nuit indien…et pas des moindres…17 heures enfermées sont au programme !

Cà (ph)an(ph)aronne en Egypte !


Une croisière sur le Nil, un classique qui fait encore rêver. Premier voyage organisé pour l’adepte de la formule « sac à dos », ce n’était pas gagné d’avance. Dès l’aéroport, je suis rapidement repérée « hayet, hayet », la demoiselle est un peu figure locale avec son nom à consonance arabe!

Pourtant, les premiers échanges sont ratés avec des Egyptiens empressés de porter nos sacs et ainsi pouvoir demander un bakchich à hauteur de…5 euros ! Sauf que nos deux bras sont encore en état de fonctionnement et nous sommes tout à fait capables de nous en sortir. Notre budget vacances ne passera pas dans des porteurs les mecs! En conséquence, quelques doigts d’honneur pas franchement agréables et une entrée en matière relativement effrayante. Welcome in Egypt!

Arrivées dans le bateau, nous dégustons un cocktail local pas tout à fait à notre goût. Nous nous improvisons également chanteuses sur les fiches de renseignements à remplir et découvrons une cabine vraiment très spacieuse. Le luxe, ce n’est pas si mal finalement…

Ramadan oblige, notre guide au Français irréprochable, Mido, nous conseille d’éviter les vêtements trop décolletés ou jupes trop courtes. Alice joue le jeu, moi un peu moins, histoire d'embêter notre guide un peu dragueur et assurer niveau bronzage. Nous nous rendrons rapidement compte pendant le séjour que les hommes changent radicalement de comportements une fois le Ramadan terminé. Ils nous matent sans aucune gêne, on se sent un peu comme des starlettes d'un jour ou plutôt des morceaux de viande bien fraiche du coup ! Si certaines n'en peuvent plus de ces regards parfois insistants, nous essayons de relativiser un peu plus et en étant sympa avec eux, ils ne dépassent pas certaines limites.

A LA RECHERCHE DE LA VIEILLE PIERRE…

Oui parce que depuis l’Irlande, Alice et moi sommes un peu devenues les expertes de la recherche de vieille pierre. Comprenez tout monument un peu historique d'une ville. Et en Egypte, on est servies!


Le premier arrêt du côté des colosses de Memnon sonne le début des visites égyptiennes. Les colosses de Memnon ? Deux grandes sculptures en pierre et derniers vestiges du gigantesque temple d'Amenhotep III. Belle entrée en matière, nous apprécions au passage un décor plutôt vert, quand bien même l'Egypte est connue pour être à 90% désertique. On nous aurait menti ?
C'est en effet dans la région la plus verte du pays que nous débutons notre séjour.


La visite du prodigieux temple de Karnak, situé à 2,5 km de Louxor, est sans aucun doute le site le plus inoubliable du voyage. Karnak ne peut pas décevoir avec ses 184 colonnes géantes finement décorées de hiéroglyphes.

Et puis nous vivons une version remasterisée du film "Mort sur le Nil". Les hiéroglyphes n'étaient donc pas une invention de Madame Martin, ma prof d'histoire géo en 6ème7!

La Vallée des Rois est, à l'inverse, ma grande déception. Connue pour abriter les tombeaux des si nombreux pharaons du Nouvel Empire, mais également ceux de certaines épouses et enfants, cette visite m'a un peu fait penser à un grand Père Lachaise.

Tout le monde en parle mais finalement difficile d’oublier que l’on visite... un cimetière géant! Bon ok, j'exagère un peu, l’intérieur des tombeaux est sublime mais quand on en a visité un, il n’est pas forcément la peine de visiter les 63 autres...

Longtemps hésitantes, nous avons finalement opté pour un passage par un village. Après une traversée géniale sur un petit bateau à voiles, nous voilà débarquées au milieu de nulle part dans un village habité des Egyptiens les plus pures : les Nubiens. Nous ne sommes pas déçues et passons un très bon moment en compagnie du chef du village. Nous ne sommes pas non plus complètement dupes quant au côté touristique de cette visite mais elle n’en demeure pas moins charmante.


Il y a eu aussi la découverte de bien d’autres temples (Louxor, Kom Ombo, Horus à Edfou…), celle des bazars Egyptiens ou du grand barrage d'Assouan. Des soirées mémorables, notamment une danse du ventre endiablée d'Alice qui me donnera matière à des moqueries journalières ou une autre à fumer la chicha avec nos amis éphémères. L'Egypte c'est aussi de splendides couchers de soleil alors que retentit l'appel à la prière au loin, des paysages merveilleux au bord du Nil, ses habitants à dos d'ânes, mais aussi la chaleur d'un pays que l'on est sûres de ne pas oublier.

…ET PUIS…

L’Egypte c’était de belles rencontres aussi. Deux Anglaises qui nous prenaient des cocktails à l’œil, un magicien et sa femme, des récits sur la Guyane grâce à un couple métissé, une maman et sa fille très attachantes et bien d’autres encore. Un groupe en provenance de toute la France…et même de Pont Saint Esprit ! Des envies différentes, des origines diverses, et de très bons moments sur le bateau et en dehors du bateau.


En bref, l'Egypte j’ai adoré et je suis bien décidée à y retourner pour découvrir les pyramides la prochaine fois !

...maintenant elle est tombée sur un oz toute seule!


Les Bisounours sont rentrés de leur périple mais ont laissé leur duo infernal à l'aéroport. 

Un blog orphelin c'est un peu triste. J'ai longtemps hésité. Il a été fermé, puis réouvert, puis refermé et à nouveau réouvert. 
Aujourd'hui, c'était un peu comme une évidence. Il est temps de s'approprier ces voyages.

Des destinations, il y en a un paquet encore dans ma tête, quelques unes sur lesquelles j'ai déjà atterri et d'autres à venir.

Alors le blog a droit aussi a son nouveau départ...avec moi toute seule, pour le meilleur et surtout pour le pire ! :)




 GOOD LUCK...






Bon, et maintenant…

… c'est quoi la prochaine destination ?


Île paradisiaque et Éléphantage pour finir en beauté

Samedi midi, nous entrons en Thaïlande, après un trajet étonnamment tranquille depuis Sihanoukville. Pas de mauvaise surprise à la frontière, pas d’arnaque de dernière minute, UNE PREMIERE!

Une longue pause déjeuner plus tard, nous embarquons dans un minibus direction Koh Chang, une île thaïlandaise non loin du Cambodge, notre dernière destination de ces 7 mois et demi de voyage. À nos côtés, Daphné, Hollandaise de 29 ans, un peu tarée et super sympa. On accroche bien et nous nous promettons de nous retrouver pour la veille de son départ, mardi soir prochain à Bangkok.

À peine débarqués sur l’île, nous sommes pris en charge par un taxi local, à savoir un pick-up dont l’arrière est aménagé pour accueillir le plus de monde possible, même debout accroché à l’arrière du véhicule. Vincent a donc la chance de passer une partie du voyage à l’air libre, secoué sévèrement à chaque virage, ce qui a largement tendance à ne pas me rassurer, ayant encore besoin de lui pour terminer ces “grandes vacances”.

Nous prenons nos quartiers pour 3 nuits dans une guesthouse au fin fond de l’île, dans un petit paradis éloigné de l’agitation des grandes plages. On est installés dans un bungalow ultra basique à flanc de colline où l’on est bercés par le bruit des vagues, avec pour lieu de vie de l’auberge une terrasse posée sur la mer, dans une petite baie isolée.

Notre programme pour cette fin de voyage est plutôt chargé, à savoir ... ne rien faire et profiter de ces derniers moments loin de l’agitation parisienne.



On y passe de délicieuses journées entre farniente, baignade, dégustation de la succulente cuisine thaï et enfin, mon rêve, LES N’ELEPHANTS!

En même temps, c’est le lieu parfait pour aller à la rencontre de ces grosses bébêtes puisque Chang, en thaïlandais, signifie-accessoirement-éléphant. On est donc sur l’île des animaux à trompe et grandes oreilles !

Nous réservons un tour en éléphant et faisons connaissance avec Numnim, 15 ans, et son maître Pi, 16 ans à peine. Ni une ni deux, on grimpe sur notre monture pour les 2 prochaines heures, bien installés sur des sièges relativement confortables. C’est plutôt vertigineux et impressionnant! La peau de l’animal est rugueuse et les poils rêches, mais on adore l’expérience.
Pépère, Numnim se déplace tranquillement en remuant le popotin, à pas feutrés, s’arrêtant ça et là arracher une branche avec sa trompe pour l’engouffrer dans sa bouche. On a l’impression que les éléphants portent un pyjama trop grand pour eux tant leur peau flotte à chaque pas.

Après une heure de balade dans la forêt, place à la baignade. Dans une rivière à la couleur douteuse, nous montons donc Numnim à crue cette fois-ci et cette dernière, sous les ordres de Pi, plonge la tête sous l’eau. En vrai roi et reine du rodéo, on glisse dans l’eau, Numnim se transformant en toboggan ou tremplin, s’immergeant complètement, tout aussi amusée que les deux petits humains sur son dos. Vraiment très impressionnant de se baigner avec cette bébête aussi énorme qu'affectueuse !

A l’arrivée, nous dégustons quelques fruits frais et donnons à manger à notre nouvelle copine.

Il est déjà l’heure des adieux avec elle puisque cet après-midi il faut que l’on fasse ... RIEN et qu’on en profite à fond !


Mardi matin, il faut déjà quitter notre paradis pour rejoindre la capitale Bangkok où nous attend notre avion retour. Dès notre arrivée, on retrouve Daphné qui repart pour sa part le lendemain après 3 semaines entre la Thaïlande et le Cambodge. L’occasion de nous faire une pré dernière soirée en Asie où l’on continue de découvrir les délices culinaires du pays.

Mercredi c’est farniente, balade tranquille dans le quartier où nous logeons. La ville est beaucoup plus apaisée (d’un point de vue asiatique, entendons-nous...) et accueillante que nous l’imaginions, il va définitivement falloir que l’on revienne visiter la Thaïlande la prochaine fois !

Dernière soirée, derniers moments du voyage, on a le coeur gros à l’idée de rentrer, un mélange d’énorme impatience et de grosses inquiétudes. On craint un retour à une vie dans les normes françaises, avec une certaine pression sociale qui ne laisse pas forcément la possibilité d’avoir des parcours “différents". Y’a pas à dire, notre liberté absolue des derniers mois va nous manquer !

Jeudi matin, 10h30, nous décollons avec Aeroflot pour ... Moscou. Contact avec la terre russe 10h plus tard, il fait -13°C, près de 45°C de moins qu’en Thaïlande : la transition est brutale ! Dans le terminal où nous attendons notre vol pour Paris, beaucoup dévisagent ces deux urluberlus en t-shirts, shorts, et tongs en plein milieu de l’hiver moscovite, mais bon, “on s’en fout, on est des fous !"

Et puis surtout, on est attendus à Roissy, et on espère bien y arriver pas trop gelés dans notre tenue de ces 8 derniers mois à part...