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Bon, et maintenant…

… c'est quoi la prochaine destination ?


Île paradisiaque et Éléphantage pour finir en beauté

Samedi midi, nous entrons en Thaïlande, après un trajet étonnamment tranquille depuis Sihanoukville. Pas de mauvaise surprise à la frontière, pas d’arnaque de dernière minute, UNE PREMIERE!

Une longue pause déjeuner plus tard, nous embarquons dans un minibus direction Koh Chang, une île thaïlandaise non loin du Cambodge, notre dernière destination de ces 7 mois et demi de voyage. À nos côtés, Daphné, Hollandaise de 29 ans, un peu tarée et super sympa. On accroche bien et nous nous promettons de nous retrouver pour la veille de son départ, mardi soir prochain à Bangkok.

À peine débarqués sur l’île, nous sommes pris en charge par un taxi local, à savoir un pick-up dont l’arrière est aménagé pour accueillir le plus de monde possible, même debout accroché à l’arrière du véhicule. Vincent a donc la chance de passer une partie du voyage à l’air libre, secoué sévèrement à chaque virage, ce qui a largement tendance à ne pas me rassurer, ayant encore besoin de lui pour terminer ces “grandes vacances”.

Nous prenons nos quartiers pour 3 nuits dans une guesthouse au fin fond de l’île, dans un petit paradis éloigné de l’agitation des grandes plages. On est installés dans un bungalow ultra basique à flanc de colline où l’on est bercés par le bruit des vagues, avec pour lieu de vie de l’auberge une terrasse posée sur la mer, dans une petite baie isolée.

Notre programme pour cette fin de voyage est plutôt chargé, à savoir ... ne rien faire et profiter de ces derniers moments loin de l’agitation parisienne.



On y passe de délicieuses journées entre farniente, baignade, dégustation de la succulente cuisine thaï et enfin, mon rêve, LES N’ELEPHANTS!

En même temps, c’est le lieu parfait pour aller à la rencontre de ces grosses bébêtes puisque Chang, en thaïlandais, signifie-accessoirement-éléphant. On est donc sur l’île des animaux à trompe et grandes oreilles !

Nous réservons un tour en éléphant et faisons connaissance avec Numnim, 15 ans, et son maître Pi, 16 ans à peine. Ni une ni deux, on grimpe sur notre monture pour les 2 prochaines heures, bien installés sur des sièges relativement confortables. C’est plutôt vertigineux et impressionnant! La peau de l’animal est rugueuse et les poils rêches, mais on adore l’expérience.
Pépère, Numnim se déplace tranquillement en remuant le popotin, à pas feutrés, s’arrêtant ça et là arracher une branche avec sa trompe pour l’engouffrer dans sa bouche. On a l’impression que les éléphants portent un pyjama trop grand pour eux tant leur peau flotte à chaque pas.

Après une heure de balade dans la forêt, place à la baignade. Dans une rivière à la couleur douteuse, nous montons donc Numnim à crue cette fois-ci et cette dernière, sous les ordres de Pi, plonge la tête sous l’eau. En vrai roi et reine du rodéo, on glisse dans l’eau, Numnim se transformant en toboggan ou tremplin, s’immergeant complètement, tout aussi amusée que les deux petits humains sur son dos. Vraiment très impressionnant de se baigner avec cette bébête aussi énorme qu'affectueuse !

A l’arrivée, nous dégustons quelques fruits frais et donnons à manger à notre nouvelle copine.

Il est déjà l’heure des adieux avec elle puisque cet après-midi il faut que l’on fasse ... RIEN et qu’on en profite à fond !


Mardi matin, il faut déjà quitter notre paradis pour rejoindre la capitale Bangkok où nous attend notre avion retour. Dès notre arrivée, on retrouve Daphné qui repart pour sa part le lendemain après 3 semaines entre la Thaïlande et le Cambodge. L’occasion de nous faire une pré dernière soirée en Asie où l’on continue de découvrir les délices culinaires du pays.

Mercredi c’est farniente, balade tranquille dans le quartier où nous logeons. La ville est beaucoup plus apaisée (d’un point de vue asiatique, entendons-nous...) et accueillante que nous l’imaginions, il va définitivement falloir que l’on revienne visiter la Thaïlande la prochaine fois !

Dernière soirée, derniers moments du voyage, on a le coeur gros à l’idée de rentrer, un mélange d’énorme impatience et de grosses inquiétudes. On craint un retour à une vie dans les normes françaises, avec une certaine pression sociale qui ne laisse pas forcément la possibilité d’avoir des parcours “différents". Y’a pas à dire, notre liberté absolue des derniers mois va nous manquer !

Jeudi matin, 10h30, nous décollons avec Aeroflot pour ... Moscou. Contact avec la terre russe 10h plus tard, il fait -13°C, près de 45°C de moins qu’en Thaïlande : la transition est brutale ! Dans le terminal où nous attendons notre vol pour Paris, beaucoup dévisagent ces deux urluberlus en t-shirts, shorts, et tongs en plein milieu de l’hiver moscovite, mais bon, “on s’en fout, on est des fous !"

Et puis surtout, on est attendus à Roissy, et on espère bien y arriver pas trop gelés dans notre tenue de ces 8 derniers mois à part...

Même pas tombés dans les pommes en potpot à Kampot


Débarqués à Kampot avec seulement une heure de retard (UN RECORD !), nous partons immédiatement à la recherche d’un hôtel pour la nuit. On parvient à passer au travers de quelques conducteurs de taxis et/ou rabatteurs sans trop de difficultés et nous dirigeons vers une auberge, repérée au hasard d’une brochure lors de notre trajet en bus. Il s’avère que l'on vient de trouver une perle rare : chambre double propre dans une ambiance conviviale pour 4 dollars, soit environ 3 euros. Bon du coup nous n’avons droit qu’à une douche froide et des toilettes en dehors de la chambre mais il est difficile de se plaindre...

 L’après-midi, nous partons découvrir la ville sur un vélo un peu pourri de l’hôtel. Nous sommes frappés par le calme qui y règne. Pas de circulation ingérable, peu de bruit, des routes en terre, des Cambodgiens qui parlent très peu anglais. On peut souffler, on a trouvé notre bonheur.

Arrivés au marché en train de fermer, personne ne fait vraiment attention à nous (et ce n’est pas plus mal). On ne fait pas long feu pourtant, rattrapé par l’odeur nauséabonde qui y règne. Les Cambodgiens n’ont pas l’air d’en être dérangés, notre notion de puanteur doit être bien différente elle aussi.

Le soir, nous nous y prenons un peu tard pour dîner et trouvons un boui boui ouvert avec pour seule nourriture : une soupe de noodles. On ne fait pas nos difficiles et signons. Les locaux sont un peu surpris de nous voir ici et une fois encore ils nous regardent avec insistance et rient de bon coeur. On pourrait s’offenser face à ces rires moqueurs mais après un bon mois en Asie on a compris qu’ils n’ont absolument rien de méchants alors on laisse passer. Erreur que l’on ne commet rarement : on oublie de demander le prix pour cette soupe à la viande bien trop grasse. Et là, les paranos que nous sommes, pensons devoir payer une somme invraisemblable pour touristes. Finalement nous payons 2000 riels pour deux soit ... 50 centimes. Ça c’est du repas pas cher comme on les aime !



Le lendemain, nous planifions de louer un scooter pour la journée. Enfin, ça c’était le plan du départ. Car finalement nous nous levons un peu tard et surtout, nous passons bien 1 heure et demi pendant notre petit-déjeuner, à parler avec Guy, un Français à la retraite (plus ou moins), ayant habité de 0 à 10 ans au Cambodge et décidé de redécouvrir ce pays 50 ans après pendant environ 5 mois. Ce dessinateur industriel graphique de l’armée reconverti est vraiment très sympa et intéressant. Il a quitté Andorre -où il réside notamment pour fuir les impôts français- pour visiter un pays qui a bien changé, sans un mot de khmer et seulement deux/trois mots d’anglais.
Un Allemand habitué de l’Asie et visiblement féru de voyages nous rejoint également, et nous en profitons pour échanger nos impressions sur ce bout du monde. On quitte nos nouveaux amis en fin de matinée, décidés à trouver un scooter pas trop cher.



Sur la route, nous nous arrêtons à la station de bus pour connaitre les prix des billets pour le lendemain. Là, un couple de Français est assis, la femme en larmes. Un peu déconcertés, on ne sait pas trop si on doit leur demander ce qui ne va pas et risquer d’interférer dans leur vie privée. Finalement nous décidons tout de même de leur proposer de l’aide, se disant que nous étions dans le même bateau. Nous apprenons donc leurs “malheurs”, un séjour au Cambodge qui tourne pas vraiment bien puisque lui, Daniel, a dévalé des marches d’un hôtel à cause d’une coupure de courant, s’amochant bien comme il faut et ravivant une blessure à la jambe. Tandis qu’elle, Nicole, a demandé un mini-bus plus cher mais de qualité pour son mari qui a des difficultés à marcher et a payé environ 7 fois plus...pour le même mini-bus pourri que tout le monde prend. Ils se sont ainsi retrouvés débarqués au milieu de nulle part en plein soleil, serrés comme des sardines dans un mini-bus bien plus vieux qu’eux d’eux réunis. Une goutte d’eau qui fait déborder le vase. Ils regrettent amèrement que les Cambodgiens n’aient d’égard pour la condition physique moins bonne de son mari blessé.

Un désarroi qui nous rappelle nos ras de bol réguliers, l’impression d’être des portefeuilles et non plus des êtres humains et d’être floués sans arrêt. Nous trouvons un scooter un peu cher, déposons Daniel à un hôtel et nous rencardons pour eux sur un vrai bon mini-bus pour leur prochaine étape. On aide pas beaucoup mais finalement, la déception passe et nous bavardons tranquillement autour d’un pot. Nous apprenons donc qu’ils voyagent pendant 7 mois en Asie, habitent à Biarritz en France mais passent 6 mois de l’année en Thaïlande. De notre côté, on est rassurés, même des habitués de l’Asie subissent les arnaques en tout genre courantes envers les touristes. Leur mésaventure nous aura au moins permis de rencontrer un couple très sympa.

Il est midi quand nous commençons enfin nos pérégrinations autour de Kampot. Comme d’habitude, un sentiment de liberté nous habite à deux sur notre engin. Nous arrivons sans trop le vouloir à Kep, ville adjacente au bord de la mer. Nous faisons halte le temps de quelques photos et Maïté décide de se mettre pour la première fois “au guidon”. Ça se passe pas si mal, on ne tombe pas et Vincent peut profiter un peu plus du paysage. Bon, ça dure pas bien longtemps et notre aventurière laisse Vincent reprendre le guidon à la recherche d’un village qu’on ne trouvera jamais.

Nous nous baladons un peu sur des chemins de terre, de jeunes Cambodgiens courant à notre rencontre pour s’improviser guide avec pour tout mot d’anglais “hello”. On repart le sourire aux lèvres et parcourons les alentours sans réel but. Les paysages sont relaxants, des étendues de champs jaunes, ses vaches et bergers et quelques habitations de fortune.


Nous parviendrons tout de même à l’une des grottes de la région où, plutôt que de la visiter, préférons nous arrêter boire un jus de sirop de canne avec un moine Bouddhiste. Il a le même âge que nous, est moine depuis 10 ans et étudie la littérature anglaise.

L’échange est difficile vu son niveau d’anglais mais nous apprécions sa compagnie, sa simplicité et le fait qu’il s’intéresse à nous sans nous demander d’argent.

Nous ne trouverons pas la deuxième cave et décidons qu’il est temps de chercher les marais salants près de Kampot avant la tombée de la nuit.

Nous faisons halte au café Epic, un café proposant de la nourriture maison très tentante cuisinée et servie par des sourds et malentendants. L’endroit est très accueillant, propre, et le goûter que nous prenons est succulent. La prise de commande se fait aisément et avec quelques sourires et quelques gestes, on arrive à se faire comprendre.



Puis à nouveau sur notre bécane, nous empruntons un chemin de terre sur lequel Maïté reprend le guidon. Le chemin est bourré de pierres et de nids de poules mais Vincent n’a même pas peur derrière elle (il devrait peut-être). C’est vraiment sympa de traverser le coin au milieu des villageois, tous super souriants sur notre passage.

Le soleil commence à se coucher, les couleurs et les ambiances nous ravissent. Très poussiéreux et crevés, nous rentrons en fin d’après-midi.

Le soir, nous nous rendons au bar détenu par notre hôtesse de l’auberge. Vraie business woman, elle possède un bar, un centre de massage, et est mariée avec le Français propriétaire de l’hôtel dans lequel nous sommes.

Dans le bar, nous retrouvons un jeune Français qui s’est entiché d’une Cambodgienne et qui travaille 6 mois de l’année comme barman en Suisse, Guy, et la business woman de tenancière. L’ambiance est super, nous rigolons avec les serveuses, nous enchainons les bières jusqu’à nous faire payer un verre par la gérante.

Peu enclins à suivre les serveuses et le Français en boîte ensuite, nous rentrons heureux et éméchés. Après 7 mois et demi sans alcool ou presque, nous ne tenons plus après quelques verres...

Le lendemain, dernier arrêt express au Cambodge, avec un après-midi à Sihanoukville, LA cité balnéaire de la côte. On nous avons prévenu du pire, une immense plage bondée de touristes et de rabatteurs en tout genre, et sommes finalement rassurés. Ce n'est pas trop bondé, et les rabatteurs sont moins insistants qu’à Bali.

Un gros plouf dans une mer outrageusement accueillante, une escale un peu involontaire dans le lointain centre-ville pas touristique du tout, et un repas dans un bouiboui très sympa et nous voilà couchés pour une bonne nuit, prêts à prendre notre bus+bateau du lendemain pour la Thaïlande.

C’était sans compter sur le bar de l’auberge, très sympa la journée, et très bruyant la nuit. Alors quand on est dans un bungalow en planches à 10 mètres d’une soirée, on peut pleinement profiter de la musique à tue-tête, d’ailleurs on ne nous laisse pas le choix.
Oui, bon, ok, on devient des vieux aigris... mais quand même !

Allez, on dormira pendant nos 8h de transport du lendemain...




Dernier tour à Ho Chi Minh en passant par le Mékong avant un loooooooong périple semé d'embûches vers le Cambodge


Même Tukti n'a pas
réussi à avoir la
banque au téléphone !
Dernière étape vietnamienne, un retour vendredi 7 par la case Ho Chi Minh City, où nous retrouvons VDP et sa famille. Sur le retour, on déjoue une arnaque de notre conducteur de taxi qui prétexte des frais en plus pour nous faire payer le double du prix. On devient des pros à ce jeu là !
Ensuite, nouvelle blague, un peu moins drôle pour le coup, le distributeur HSBC auquel on a demandé des sous a cru bon de garder la carte bleue de Vincent, celle-là même qui nous sert pour tous nos paiements.
On ne parvient pas à appeler la banque tout de suite et devons rapidement prendre notre bus public, rempli de vrais Vietnamiens et aucun touriste. De toute façon, la carte bleue est en sécurité dans le distributeur. Pour faire du bon à notre ego, Tukti ne nous a pas oubliés et nous accueille avec un grand sourire !

Il ne nous reste plus que quelques jours au Vietnam car nous devons retrouver Julia, amie Malaysienne de Maïté, dimanche 16 à Siem Reap, au Cambodge.
Samedi, nouvelle coupure de courant à l’entrepôt de VDP, notre hôte est donc pleinement disponible pour nous emmener à la découverte des tunnels de Cu Chi. Grâce à plus de 200 kilomètres de tunnels, le Viet Cong a pu conservé le contrôle de cette large zone rurale à quelques kilomètres de Saigon, en pleine guerre du Vietnam. Sur place, nous découvrons ces longs couloirs sous-terre, du moins ceux agrandis pour laisser passer les (gros) touristes occidentaux que nous sommes. Il est difficile de s'imaginer que les soldats vietnamiens ont vécu ici pendant des mois vu l'étroitesse du lieu. Nous sommes bluffés par leur ingéniosité mais ne souhaitons pas vraiment rester trop longtemps sous terre en compagnie des chauves souris qui y ont élu domicile. On en vient à devenir franchement claustro en bas !


Maïté et Vincent prennent un pot 6 mètres sous terre avec leurs copains les soldats vietnamiens en cire…
Après un repas végétarien à base de tofu au goût de tout type de viande et de poisson (d’où l’intérêt du végétarien...), nous partons finir l’après-midi au bord du grand lac près de la montagne noire où nous attendons paisiblement le coucher de soleil en dégustant des Cà phê sữa đá (café vietnamien) confortablement installés dans des hamacs.

Le soir, Tuyet nous propose des oeufs de canard avec foetus dedans, spécialité du coin, on préfère faire nos petits joueurs et optons pour des classiques riz et noodles frits.

Dimanche, Maïté parvient à tirer des sous avec sa carte, ouf on ne va pas devoir faire le trottoir de suite pour financer la suite et fin du périple.

Pour le repas du midi, c’est grand luxe. Nous sommes seuls installés dans un resto bateau et laissons Tuyet commander des plats typiquement vietnamiens. On mange bien, beaucoup, tout va bien... jusqu’à que nous voyons la suite arriver ! Un serveur verse un sachet rempli de poissons frétillants dans un gros bouillon de légumes. On s'inquiète: "c'est pour nous ?". Bon ok, ça se passe sûrement souvent exactement de la même façon dans tous les restos, mais habituellement c’est dans la cuisine, on ne voit pas les poissons vivants que nous allons manger quelques minutes plus tard. Nous ouvrons le couvercle du plat, visiblement ils n’ont pas survécu…




Après un temps d’hésitation et sous les encouragements de Tuyet, on s’y attaque. Pour nous ce sera sans tête et queue, à l’inverse de notre hôtesse qui s'en étonne. Et finalement c’est vraiment bon ! Tuyet nous explique le pourquoi du comment du goût inimitable de ce plat. Les poissons ne sont pas lavés, ils sont jetés à même le bouillon après avoir barboté dans les eaux marron-dégueu du Mékong. Pour digérer tout ça, rien de mieux qu'une séance du sport national vietnamien : le karaoké !


Et dans ce sport, on est bien loin du niveau professionnel de VDP, Tuyet, et même de Tukti ! Ils maitrisent parfaitement les classiques vietnamiens au son inimitable. De notre côté, on sort notre plus bel anglais mais on a bien du mal à trouver le ton juste.


Finalement les enfants profitent ensemble de la piscine à boules, sous le regard bienveillant des crocodiles, qui résident quelques mètres plus loin.



Le soir, nous recevons un email de Julia, elle s’est trompée dans les dates, elle sera à Siem Reap du 13 au 16, ça chamboule un peu nos plans et on se demande un peu comment nous allons parvenir à arriver à temps. On doit encore découvrir le delta du Mékong et récupérer la carte bleue de Vincent avant. Nous décidons donc de filer directement à Siem Reap sans arrêt à Phnom Penh.

Lundi, c’est journée HSBC entre coups de fil en France et au Vietnam, aide traduction de VDP, pied de grue à la banque. On ne récupérera pas la carte tout de suite et on ne peut donc pas partir le lendemain pour le Mékong.
Nous quittons à regrets le calme du quartier excentré de VDP et sa famille pour dormir à Ho Chi Minh même, dans le quartier des routards, afin d'attraper un bus ou remplir des formalités. On est censés récupérer jeudi matin la carte de Vincent, nous partirons dans la foulée vers le Cambodge.
Re-nouvelles de la banque, il n’est pas possible de récupérer la carte, re-chamboulement, ce sera Mékong dans la journée de mercredi et bus de nuit dans la foulée pour Siem Reap, que nous atteindrons 13h jeudi.

En attendant, journée repos balade dans HCM, et ciné à 2$ la séance dans une salle quasi vide, on va pas se plaindre même si “Le Touriste”, est loin d’être un chef d’oeuvre. 6 mois qu’on n’est pas allé au ciné, et en plus, ici, on choisit notre place avant d'entrer dans la salle !

Mercredi, c’est Mékong. Au petit matin, nos sautons dans un minibus, c’est un peu beaucoup touristique, mais on s’en doutait. Ceci dit notre guide est plutôt sympa et parle plutôt bien anglais.
Après 2h de bus, nous arrivons au bord du fleuve mythique. Les bateaux en bois de toutes les couleurs sont munis d’yeux qui les protègent sur les flots. On embarque sur un petit bateau pour débarquer sur l'une des nombreuses îles du détroit. Au programme, dégustation de thé au miel, de vin de banane, séance photo avec un python, dégustation de fruits (la sapotille n'a plus de secrets pour nous !), petite démonstration musicale. C’est pas mal, mais pas forcément naturel et spontané.

Y'en a un qui fait beaucoup moins son malin que l'autre…


On embarque ensuite sur des barques (logique nous direz-vous), toutes menées à la force des bras par des Vietnamiennes. L’occasion de se balader dans les rivières encaissées qui serpentent à travers les îles.




Pause suivante dans une fabrique de bonbons à la noix de coco. On nous présente le procédé de fabrication, complètement artisanal, et nous admirons le coup de main des fabricants. Côté goût, c'est très sucré, rapidement écoeurant et ça colle dans les dents. Mais visiblement ça n'empêchera pas des dizaines de touristes d'en acheter plusieurs boites. Nous fidèles à nous-mêmes, on fait nos radins…


Re bateau vers notre resto, on nous avait prévenu, ce seront de petites portions, et … on ne nous a pas menti ! Nous déjeunons avec l'Europe, de l'Italien, du Norvégien et du Polonais dans une ambiance conviviale. Nous embarquons sur des vélos pour s’éloigner un peu et se promener dans les villages. Sur la route, une pause jus de canne à sucre fraîchement préparé dans un bouiboui en dehors du circuit touristique s'impose.


Dernier tour en bateau, et c’est l’heure de retourner à Saïgon.
Notre bus part à minuit, donc il faut bien s’occuper. Ce soir, ce sera Tron Legacy en 3D au cinéma de la veille, toujours aussi désert. Ensuite, commence l’aventure jusqu’à Siem Reap. Sur le papier, nous partons à minuit 30, arrivons 6h plus tard à Phnom Penh, après avoir passé la frontière, changeons de bus, et arrivons 6h plus tard à Siem Reap, porte d’entrée des temples d’Angkor.
De cette façon, Julia et son cousin ne nous attendrons “que” 4-5h et tout roule.
C’était sans compter sur le sens aigu de l’arnaque des voyagistes et compagnies de bus.

Pendant que l'on attend que le bus arrive, un membre de la compagnie nous distribue les formulaires pour le visa et le passage de la frontière. Cool, on gagne du temps.
Avant de rentrer dans le bus, le même salarié revient vers nous et nous demande les papiers et nos passeports. Étonnés, on demande pourquoi. C’est pour faire les visas en bloc à la frontière, il nous dit que ça marche mieux et que c’est plus rapide que par soi-même.
Maïté n’est pas du genre à donner son passeport, et puis ça coûte 25$ au lieu de 22$ quand on le fait soi-même, donc on refuse. Il est étonné, nous met un peu la pression, on ne suit pas. Il nous rend donc l'un des formulaires et garde l’autre, prétextant que c’est un formulaire de la compagnie de bus, et qu’on ne peut pas le garder. Ça nous étonne une nouvelle fois, c’était un papier officiel du royaume du Cambodge, sans aucune mention de bus. Ça nous dérange qu’il garde toutes nos coordonnées écrites ainsi, donc on demande à les récupérer. Il refuse, prétextant qu’il les jettera plus tard. On insiste, auprès de lui, puis auprès de la personne de l’agence qui nous a vendu les billets. Elle finit par accepter de lui récupérer, et revient avec les deux formulaires enroulés. Par précaution, Maïté vérifie, ce sont deux formulaires vierges, ils ont voulu garder ceux contenant toutes nos infos personnelles. On s’énerve un peu, et récupérons les vrais formulaires. La responsable de l'agence s'excuse on ne sait pas vraiment pourquoi, c'est bizarre.

Tellement bizarre, que Tukti n'arrive même plus à se coiffer
On continue de tenter de nous dissuader de le faire par nous même “ça va prendre au moins 2 ou 3h”, “il y a beaucoup de monde aux douanes”, “les agents vont garder vos passeports, c’est plus sûr de le faire avec nous”. Visiblement ça les dérange. On est pas les seuls à refuser, deux autres couples sont de la partie.
Le ton monte une fois installés dans le bus. Les responsables du bus deviennent plus qu’insistants, nous menaçant désormais ouvertement, prétextant qu’ils ne nous attendrons pas après la douane, qu’on va mettre 2 ou 3h et eux beaucoup moins, que c’est très compliqué, qu’il faut absolument qu’on leur rende le formulaire de visa. Ce point fait monter la tension d’autant plus. Cà marche un peu, on commence à avoir peur de se retrouver à la frontière sans bus. Mais ils sont tellement obtus que ça en devient plus que louche. Peut-être veulent-ils profiter de nos formulaires remplis pour lancer nos procédures de visa et nous obliger à les payer ensuite. Toujours est -il qu’ils insistent pour voir notre portefeuille, allant même jusqu’à littéralement se jeter sur celui de Vincent, croyant y voir le formulaire de visa et quasiment déchirer les papiers perso. Heureusement pour nous, on avait mis le formulaire en question dans un autre endroit.

Et oui, grâce à Super Tukti, on les avait cachés dans un pamplemousse !
L’ambiance continue à être très tendue, le personnel nous intimant de partir et de demander remboursement si on n’est pas d’accord avec leurs conditions “faites votre visa vous-même et on ne vous attend pas plus d’une demi-heure à la douane cambodgienne”. C’est plus que tendu, d’autres voyageurs nous présentant un billet de 10$ pour en finir, voulant ne pas partir trop tard. On refuse catégoriquement, certes ça se joue à moins de 10€ mais c’est une question de principe, pas question de passer par ces escrocs. C’est vraiment louche. Le doute est confirmé par un des 2 couples “résistants" qui nous présente l’extrait d’un forum internet sur le sujet  “parfois les personnels de bus vont être très insistants pour absolument faire le visa à votre place, refusez à tout prix, c’est rapide et simple à faire par soi-même".
On finit par partir, avec une heure et demi de retard. On est à 2h de la frontière et nous avons encore 4h de route ensuite.
Surprise pour nous en arrivant à la douane, ça n’ouvre qu’à 6h du matin, on avait visiblement “oublié” de nous le préciser. En clair, ça veut dire qu’au lieu de partir à minuit, de passer la douane à 2h et d’arriver à Phnom Penh à 6h, on part dans la nuit, arrive vers 3h à la frontière, y attend 3h, puis passons la douane à l’ouverture. On s’était bien gardé de nous le dire. Et ça signifie qu’au lieu de 13h comme vendu, nous n’arriverons pas avant 17h à Siem Reap. Évidemment, aucun moyen de contacter Julia qui nous attendra à destination.

Après donc un semblant de nuit sous tension où ne dormons pas vraiment, on finit par atteindre la frontière, ouverte. Les 6 “resquilleurs" que nous sommes descendons quasiment en courant, pas question de rater le bus à la sortie. En une demi-heure, tout est fini, nous rentrons sur le territoire cambodgien, ça nous a coûté 20$ (on a échappé au 2$ supplémentaires demandés discrètement par les douaniers pour “accélérer la procédure") et les gens sont adorables avec nous.

Et personne ne nous a fait de fleur !
Ne reste plus qu’à attendre le bus. Ce qui nous prendra 2 bonnes heures. Visiblement la petite mafia du bus et des douanes a eu quelques difficultés à faire tous les visas. Le fait que plus des 2/3 des sièges du bus soient occupés par des sacs de riz n’a pas du aider non plus. De retour dans le bus, la totalité de nos collègues sont furieux, visiblement ils se sont bien fait avoir à passer par l’arnaque à 25$ et nous sommes largement en retard par leur faute. Certains confirment que "nous avions raison" et de notre côté, pas peu fiers, nous sommes bien moins tendus que ceux restés dans le bus. Ambiance rébellion et révolution, et ce ne sont plus nous les meneurs. Désormais tout le monde s’énerve après les chauffeurs, spécialement quand ceux-ci s’arrêtent presque une demi-heure pour un petit-déjeuner. Ça promet !
On finit par arriver à Phnom Penh à 12h30. On ne sera visiblement pas à Siem Reap dans la demi-heure, à moins de prendre le Concorde, mais il ne vole plus, donc ce sera difficile. Après information, on repart à 13h30 et arrive à 16-17h. Super pour Julia, elle nous attendra donc sans aucune nouvelle de nous pendant plus de 4h.
17h, nous sommes toujours dans le bus et loin d’être arrivés. Renseignement pris, on met bien 6h pour faire la route. On arrivera donc vers 20h. Plus qu’énervés, on se demande simplement pourquoi tout le monde nous a clairement menti toute la journée, ça ne sert à strictement à rien d'autre qu’à nous mettre la rage et nous plomber toute la journée. Au lieu de 12-13h, nous aurons donc mis 20h de périple.

Les routes sont en très mauvais état, on est usés, crevés, énervés, mais absolument ravis à l’idée de retrouver Julia, son cousin, et les célèbres temples d’Angkor, ils ont intérêt à assurer ! Un tuk tuk plus tard qui ne trouve pas notre hôtel et une rechercher à pieds par nous mêmes, nous sommes arrivés ! Place à la douche, au dîner et à la bière fraiche !