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Journée sandwich cricket !

La vie d'un voyageur en working holidays visa en Australie est vraiment très difficile. Il faut voyager, profiter, découvrir, et parfois travailler un peu pour re voyager, profiter et découvrir. On ne la conseille vraiment à personne.
Pour financer notre voyage, on voulait changer de nos expériences passées d'housekeepers et dishwashers.

Nous avons donc accepté une mission de 5 heures sur un match de cricket opposant l'Australie au Sri Lanka. Notre job ? On n'a pas bien compris, a priori on va vendre des radios, ou en faire juste la promotion, ou… bah on sait pas ! Ce qui est sûr, c'est qu'on aura l'occasion de se balader ensuite dans tout le stade et de suivre ce grand match. On ne connaît rien aux règles, mais c'est l'un des sports favoris des Australiens alors nous avons le devoir de le découvrir.
Vendredi, 10h30, on arrive au Sydney Cricket Ground où l'on rejoint nos 13 collègues, tous anglais, pour notre journée sportive. Nous vendrons, ou plutôt essaierons donc de vendre des radios diffusant les commentaires du match en cours pour la rondelette somme de 20$ l'unité. Histoire de mettre toutes les chances de notre côté, on nous fournit un magnifique uniforme discret et assez classe.
Bilan de la matinée, sur nos 72 radios chacun, Vincent en a vendu 5 et Maïté 3, un score assez pitoyable s'il en est ! Récompense de notre journée homme/femme sandwich, l'accès gratuit au match, on entre tout excité dans le stade pour enfin découvrir ce sport mythique, du moins dans une poignée de pays. Et ... on y comprend absolument rien ! Les joueurs ne bougent quasiment pas, il y en a quelques uns qui font des trucs bizarres, et toute la foule réagit. Étonnant. Graham nous explique que les matchs durent de 1 à 5 jours. C'est définitivement une autre culture…

Et pendant ce temps, au Best Western…

Carol et ses 2 housekeepers de choc
Jim, notre manager dont la vie n'est pas facile tous les jours…

John, maintenance man !
Avec nos nouvelles fonctions dans notre 4 étoiles 1/2, nous avions presque oublié notre ancien employeur. Heureusement que Carol est là pour nous tenir au courant. Au lendemain de notre départ, Axel, patron très courageux, a confié à son manager Jim la délicate tâche d'aller dire à John, maintenance man, qu'il était très content de lui mais qu'il cherchait dorénavant une nouvelle personne pour son poste, pour faire, encore une fois, de la compétition et améliorer les performances de chacun. La réaction aura été relativement similaire à la notre, puisque notre ami John a posé son pinceau, et est parti dans la seconde.
Quelques jours plus tard, nous croisons par accident Axel, étonné que nous soyons encore dans la ville. "Tourisme ?" nous demande-t-il. "Non, Novotel !". Une grimace à peine masquée sur son visage nous rappelle qu'il complexe quand même beaucoup face à la qualité et au standing de notre nouvel employeur.
Dix jours plus tard, Axel part en vacances, puis appelle le pauvre Jim pour désormais lui dire de faire passer le message à Carol qu'elle travaille très très bien, mais qu'elle est très nulle en téléphone, et qu'il faudrait réfléchir à "faire évoluer son poste". Même méthode lâche, même type de message, même réaction, notre amie Carole va quitter l'hôtel tout prochainement.
Bilan des courses, en 2 semaines 1/2, 3 absences d'Axel au cours desquelles il charge Jim de pas textuellement virer mais de pousser discrètement vers la porte 4 de ses salariés, et 4 départs immédiats de ces derniers, si on observe une maîtrise parfaite en matière de lâcheté et de bêtise, il y a encore du progrès à faire pour ce qui est du respect des gens et de la gestion des ressources humaines.
Notre chambre qu'elle était bien quand même…


Les courageux travailleurs de Ningaloo

Best Western c'est bien, mais un peu cheap, alors nous avons préféré opter pour une chaîne française de renom, à savoir le Novotel Ningaloo Resort, parce que bon, on n'a pas des goûts de luxe, mais quand même. Bon sinon, la vraie version, c'est qu'après nous être quasi fait jeter du Sea Breeze Resort, nous sommes passés au Novotel où nous étions allé à notre arrivée et nous nous sommes retrouvés embauchés pour le lendemain même, à savoir mardi 7 septembre, 8h30. Notre fonction, pour changer, housekeepers !

Bienvenue au Novotel Ningaloo Resort, et sa piscine avec vue sur mer

Matinée Novotel
Rien à voir avec Best Western, nous sommes ici une équipe de 15, locaux comme backpackers, organisés en équipes de 3-4 personnes et chaperonnés par Desley, notre manager en chef. Les chambres sont déjà nickel avant même que l'on commence à les nettoyer alors chacun va à son rythme. Moment fort de la journée, le break de 10h30, où les cuisines nous apportent de temps en temps bacon, oeufs brouillés, saucisses, muffins, viennoiseries : ça nous change vraiment de nos journées de 6-7h sans pause ! À la fin de la journée, 13h30, la plupart s'en vont pendant que Desley boit des bières avec les collègues restants.





Nous profitons de nos matinées de dure labeur pour rencontrer nos nouveaux collègues, Adrien et Pauline, anciens étudiants en STAPS, avec qui on partage nos petits déjeuners dans la cuisine du Novotel, Romain et Sophie, 2 amis handballeurs qui voyagent ensemble. Belinda, une Australienne mi housekeeper mi coiffeuse partie faire le tour de l'Australie avec son copain mais qui s'est retrouvée sans voiture, bloquée à Exmouth après leur séparation. Nous avons également 4 Australiennes de 18 ans, tout juste sorties du lycée, décidées à voyager pendant 3 ans à bord de leur bus autour de leur grand pays. Diane, la cinquantaine, fait partie de ces très nombreux Australiens qui abandonnent leur maison pour faire le tour du territoire pendant des années. Elle, a choisi de le faire en bateau, avec son mari, et de faire parfois des escales un peu longues pour travailler et financer le périple, mais surtout en attendant la fin de la période des cyclones. Jenny, dans le même ordre d'âge, fait de même dans un bus camping-car géant. Les autres, des locaux, souvent jeunes, sortis du lycée et pas encore prêts pour l'université. Le seul collègue moins sympa est un "cousin" québécois, Martin, lourd, pénible, égoïste, qui déteste les Français mais sort quand même avec une Parisienne !



En tant qu'housekeepers, nous pouvons profiter librement de la piscine, de la salle de sport, des sanitaires (avec douche chaude !) et du parking pour passer la nuit. Bon, ce dernier point est moins officiel, même pas forcément toléré, mais nous y reviendrons plus tard…






Après-midi farniente
Nos après-midi se partagent entre barbecue avec tout ce qu'on a récupéré dans les chambres, plage, snorkelling, farniente, piscine, ou activités sportives pour enfants, encadrés par Adrien et Pauline. La vie est donc très dure à Exmouth. Parfois nostalgiques, nous prenons la route du Best Western pour retrouver Carol et Bernie, nos deux super anciennes collègues et nouvelles amies.



















Soirée Whalers
Le soir, c'est l'heure de la déchirante séparation. l'un de nous -on alterne tous les soirs- part faire le dishwashing (la vaisselle) dans le beau resto de la ville, le Whalers, pendant que l'autre est abandonné à son triste sort, fait les courses, parfois la vaisselle, et généralement retrouve les copains français en attendant de récupérer son acolyte (pas alcoolique) vers 21h30-22h30 (oui, c'est large). Bon, tout n'est pas si mal pour le travailleur du soir, puisqu'il retrouve une super équipe, notamment Randy et Kristen, respectivement chef et serveuse, un adorable couple d'Américains qui viennent d'immigrer et qui attendent impatiemment l'arrivée de leurs 2 chiens, bloqués en quarantaine. Liz et Paul, les patrons, Finny, un grand blond sorti de la puberté et toute une bande sympathique. L'avantage du dishwashing, c'est que l'on récupère tous les plats sales. Comme ça, ce n'est pas vraiment un avantage, mais quand on voit ce qu'il reste dans les casseroles, poêles, et plats à gâteaux, ça donne envie d'y revenir ! Et puis, le soir, le courageux travailleur ressort triplement équipé, à savoir argent liquide, bière liquide, et vrai plat solide.


Notre Bernie du Best Western qu'on retrouve au Whalers et dans nos jours off, on ne se lâche plus !

Après le travail, on se retrouve, et on finit la soirée à un des points wifi ouverts que l'on a débusqués dans la ville.

Test sur une autre planète, celle des burgers !
Vu que c'est un peu barbant pour celui qui est abandonné, on fait un test au Planet Burgers, caravane vendeuse de burgers et autres trucs gras. C'est Vincent qui s'y colle. Sa mission, prendre les commandes, les paiements et faire les frites. Pas compliqué sur le papier. Le truc est qu'il faut être organisé et comprendre couramment l'australien profond. Car en plus des commandes en direct, il faut se charger de prendre des commandes par téléphone. Et c'est là que le bas blesse, malgré des efforts surhumains de Vincent pour faire semblant de tout comprendre, on arrive à un taux d'erreur d'à peu près 70% pour les commandes par téléphone, ce qui fait un peu tâche. Même en expliquant que c'est un nouveau concept marketing, le burger shuffle, où ce que l'on obtient n'est pas forcément ce que l'on commande, ça ne passe pas. Tant pis pour la caravane à burgers !