Shark Bay, tout le monde s'y plaît, même Mickey !

À la période où nous commencions à chercher activement (ou pas) du travail, nous avions eu une réponse positive d'un hôtel resort à Denham, ville au milieu d'une des deux péninsules de Shark Bay, Là-bas, une baie magnifique peuplée de méchants requins, gentils dauphins, grosses baleines et dugongs timides (les vaches de mer qui sont trop drôles et que Vincent adore). Nous apprenons également que Mickey Mouse a investi les lieux, en voici la preuve :

"Ah, on me dit dans l'oreillette qu'il s'agit en fait d'un Bilby"

On ne sait pas trop si on veut retravailler directement lorsque nous arrivons dans la ville mais la vue imprenable sur l'eau turquoise nous motive plus que jamais. Nous nous dirigeons donc vers l'hôtel, sans trop d'espoir à vrai dire car nous n'avons pas donné de nouvelles depuis 10 jours. A la veille des vacances scolaires, les patrons ont dû trouvé quelqu'un, sinon c'est qu'il y a un hic. 5 minutes plus  tard, nous repartons après avoir prérempli les papiers d'embauches, sans trop savoir ce qu'on va faire, un mélange de housekeeping, cuisine, ménage des locaux, avec des horaires aléatoires et sans connaître notre salaire. Tout ça étant allé un peu vite, nous partons nous promener et le doute s'installe. Nous devons retrouver les patrons à 17h avant l'embauche de Maïté à 18h pour faire la vaisselle. Constat, si le coin est absolument magnifique, il n'y a pas tant que ça de choses à faire, tout du moins si on n'a pas de 4x4, nos moments "off" vont être longs…très longs. Et puis, d'après ce que les patrons ont expliqué, l'un bossera le matin, l'autre le soir. Pas vraiment optimal.



Après un après-midi à nous reposer sur les bords de Little Lagoon, une lagune à l'eau cristalline à 5km de la ville, nous retrouvons Des et Beate, nos nouveaux patrons. Ils nous emmènent dans nos logements de fonction, un appartement déprimant et franchement crado où l'on accède en traversant un parking souterrain. Bon, allez, on va peut-être pas y passer à la majorité de notre temps. Maïté embauche dans une cuisine peuplée de punks (cuistots et serveuses) qui font peur. Finalement ils s'avèreront plutôt sympas, expliquant qu'il y avait pleins de fêtes organisées tous les soirs mais aussi que les patrons étaient cons et radins. Information confirmée rapidement puisque la vaisselle se fait toute à  la main ! Oui parce qu'il ne faut pas utiliser trop d'eau car elle est chère. Du jamais vu, surtout dans un hôtel 4 étoiles !
Vincent suit le patron qui lui montre les parties de l'hôtel à nettoyer le lendemain. Toilettes, resto, bar, réception, que du très normal, un peu crade mais normal. Le plus surprenant sont les outils mis à disposition, une serpillère vieille de dix ans, visiblement jamais nettoyée depuis et 2 bouteilles de produits d'entretien relativement du même âge, ça s'annonce folklo ! On continue dans la blague quand on nous passe un spray anti-cafards à pulvériser sur toutes les entrées de l'appartement, et autour du frigo, sympa !
Maïté travaillant, Vincent passe sa soirée dans cette chambre miteuse et en profite pour découvrir un vieux préservatif usagé sous le lit. Maïté finit par rentrer vers 10h, exténuée et quelque peu dépitée. En plus de la blague du lavage à la main de toute la vaisselle (assiettes et couverts compris !), les cuisines ne sont jamais nettoyées et la paye se fait au lance-pierre à un tarif extrêmement bas pour l'Australie. Que dire si ce n'est : "on le sent pas".  On quitte les lieux dans la nuit en mode 007 avant même d'avoir installé les draps. Il faut bien l'avouer, on fait sans aucun doute nos difficiles mais on n'est pas ici pour se tuer au travail et déprimer dans un hôtel bizarre.


Nous enchainons la journée du samedi dès 7h30 avec la séance touristique de nourrissage des dauphins  souffleurs à Monkey Mia. On passe en douce sans payer et prenons le petit dèj sur la plage. Quatre dauphins arrivent vers 8h30, ponctuels les copains de Flipper ! Ils ont l'air d'être beaucoup plus jeunes et en forme que ceux de Tin Can Bay et nous font quelques plongeons pour nous permettre de jouer les paparazzis. On reste un peu pour les admirer puis décidons de repartir car vacances obligent, on est bien une centaine sur la plage et il n'est pas si facile de les distinguer. Et puis c'est du déjà vu pour nous, on préfère éviter l'attraction trop touristique.



S'ensuivent des arrêts à plusieurs "louquoutes" (lookout) tous plus impressionnants les uns que les autres. Nous nous dirigeons vers Shell Beach, une superbe plage faites de millions de coquillages sur plus de 5 mètres d'épaisseur. Pas très confortable pour les fesses mais très jolie au petit matin.  On est également passé par Eagle Bluff, une vue imprenable sur l'Océan Indien avec en prime 2 petites îles qui se postent juste en face. Nous profitons ensuite de la marée basse pour aller découvrir l'une des plus grandes formations de stromatolites au monde. Même si on n'a toujours pas bien compris du tout ce que sont les stromatolites, c'est franchement super beau ! Et puis pour une description un peu plus détaillée, Wikipédia est là !

Alors voilà, Shark Bay n'est peut-être pas le lieu idéal pour travailler mais est franchement époustouflant. 2 regrets : ne pas avoir pu faire le parc national François Péron (oui oui un Frenchie a un parc à son nom) car la location d'un 4x4 est un peu hors budget et ne pas avoir vu les vaches de mer !


Cap est pris toujours plus au sud vers Kalbarri où nous arriverons en milieu d'après-midi !

Bye bye Exmouth, Bonjour Coral Bay!

 


Jeudi 23 septembre, 9h. Après une dernière soirée arrosée chez Bernie et Zach en compagnie de Carol et une douce nuit dans un vrai lit, nous devons reprendre la route. Titine a vu son circuit de refroidissement remis à neuf grâce à Lindsey, collègue du Whalers et Ben, son mécanicien de copain. Elle est maintenant prête à reprendre la route pour de nouvelles aventures plus au sud et promet de ne plus perdre tout son liquide de refroidissement. Nous quittons donc notre petit village excentré de tout, avec les premiers Coles et McDo à plus de 700kms (Coles pour le manger, McDo pour le wifi et les glaces cônes à 50c). Un peu nostalgiques de quitter tous nos nouveaux amis du Best Western/Novotel/Whalers mais ravis de voir de nouveaux horizons.


Premier arrêt, 150km plus bas, Coral Bay, l'autre point pour rejoindre le parc national marin de Ningaloo. Encore plus petit qu'Exmouth, tellement isolé que l'eau, l'électricité et toutes les infrastructures sont fournies par des prestataires privés et non par le comté. Les prix y sont encore plus élevés, mais les plages y sont tout autant magnifiques. Il fait chaud, très chaud, donc se baigner dans les eaux tricolores (cristalline, bleu turquoise, bleu intense) est la seule solution que nous avons. Même pas besoin de masque et tuba pour distinguer parfaitement les poissons à nos pieds. C'est bien, très bien, et on a une petite pensée pour les travailleurs français qui s'apprêtent à se lever pour aller bosser en ce jour de grève. On se dit que c'est pas si mal l'Australie finalement…


 

On reprend la route direction Carnarvon, ville suffisamment grande pour que l'on puisse espérer y trouver un vrai supermarché avec des prix plus ou moins normaux. Symboliquement, nous repassons en dessous du tropique du Capricorne puis, encore plus fort, retournons notre carte pour repasser sur la moitié basse ! Nous sommes bel et bien au 3/4 du périple.

Safari Kangourou





Si, durant la journée, les eaux de Ningaloo sont remplies de tortues et baleines et la ville d'Exmouth de lézards bizarres, de grosses abeilles et d'émeux, ce sont les kangourous qui prennent possession des lieux au coucher du soleil. Nous sommes donc partis pour une soirée safari à la conquête des kangourous du Cape Range National Park. Au volant de Walibigood et munis de nos appareils photos, nous avons, au péril de notre vie, pu vous procurer ces quelques clichés de la nature sauvage et animale d'Australie. Maïté a tenté à plusieurs reprises de s'en faire de nouveaux amis mais ils n'ont pas voulu sauter dans son sac Queshua pour découvrir la France!





Et pendant ce temps, au Best Western…

Carol et ses 2 housekeepers de choc
Jim, notre manager dont la vie n'est pas facile tous les jours…

John, maintenance man !
Avec nos nouvelles fonctions dans notre 4 étoiles 1/2, nous avions presque oublié notre ancien employeur. Heureusement que Carol est là pour nous tenir au courant. Au lendemain de notre départ, Axel, patron très courageux, a confié à son manager Jim la délicate tâche d'aller dire à John, maintenance man, qu'il était très content de lui mais qu'il cherchait dorénavant une nouvelle personne pour son poste, pour faire, encore une fois, de la compétition et améliorer les performances de chacun. La réaction aura été relativement similaire à la notre, puisque notre ami John a posé son pinceau, et est parti dans la seconde.
Quelques jours plus tard, nous croisons par accident Axel, étonné que nous soyons encore dans la ville. "Tourisme ?" nous demande-t-il. "Non, Novotel !". Une grimace à peine masquée sur son visage nous rappelle qu'il complexe quand même beaucoup face à la qualité et au standing de notre nouvel employeur.
Dix jours plus tard, Axel part en vacances, puis appelle le pauvre Jim pour désormais lui dire de faire passer le message à Carol qu'elle travaille très très bien, mais qu'elle est très nulle en téléphone, et qu'il faudrait réfléchir à "faire évoluer son poste". Même méthode lâche, même type de message, même réaction, notre amie Carole va quitter l'hôtel tout prochainement.
Bilan des courses, en 2 semaines 1/2, 3 absences d'Axel au cours desquelles il charge Jim de pas textuellement virer mais de pousser discrètement vers la porte 4 de ses salariés, et 4 départs immédiats de ces derniers, si on observe une maîtrise parfaite en matière de lâcheté et de bêtise, il y a encore du progrès à faire pour ce qui est du respect des gens et de la gestion des ressources humaines.
Notre chambre qu'elle était bien quand même…


Ranger Enc...é

Pas facile de trouver un coin pour dormir à Exmouth car les backpackers sont très surveillés. Les campings payants sont quant à eux très chers. Au début, au Best Western, ça ne nous posait pas de problème, on était logés comme des rois. Mais pour la suite au Novotel, c'est une autre histoire… Ce qui nous a motivé à ne pas tenter le diable et dormir comme des sauvages a été notre première matinée Novotel. Avant d'aller au travail, nous nous posons un instant à Town Beach, plage agréable d'Exmouth. Le ranger arrive, fait son cowboy et nous interroge, cherche à savoir où on a dormi, l'air assez menaçant, puis nous fait son numéro type "attention, si vous dormez ici, vous aurez une amende de 100$ chacun, et même si vous la payez, vous pourrez avoir des problèmes à la douane en sortant du territoire, vous aurez un drapeau rouge adossé à votre visa" ou "ici, j'ai 2000 boss, chacun des habitants de cette ville, je suis là pour qu'il ne soient pas importunés par vous, les méchants backpackers".
Bon, on avait trouvé un super coin, à 5km de la ville, derrière un terrain de foot de l'armée abandonné, à 2 pas d'une base de la Navy toute proche du Best Western, alors on était tranquille. Sauf que notre deuxième réveil l'a été en compagnie de la police fédérale (oui oui, les "fédéraux", la classe quand même ;-) ). Beaucoup plus sympas que le ranger, mais tout aussi intransigeants quant à la possibilité de dormir ici. Ce pourquoi nous avons opté pour déranger parfois Bernie, collègue/copine du Best Western et du Whalers, Brian, collègue Novotel, puis directement le parking du Novotel, pas plus autorisé mais beaucoup plus tranquille !
Un matin de jour off, nous sommes tranquillement à la même Town Beach, les ordinateurs dans un sac branchés sur une prise présente en pleine nature. Monsieur ranger arrive, à peine le temps de nous dire "G'day mate" qu'il débranche le sac, l'attrape et va pour le mettre dans sa voiture. Vincent sort, demande ce qu'il fait et attrape le sac, il répond que c'est du vol d'électricité et qu'il va emmener le sac à la police, Vincent dit "non", il dit "si", "non", "si", le ton monte, et Vincent finit par obtenir victoire. Bon c'est pas fini, monsieur ranger essaie de trouver un truc à nous reprocher, nous demande où on a dormi, on lui répond qu'il n'a pas à nous demander ça, il dit que si, on dit que non, il nous montre un espèce de badge avec marqué camping sensé nous prouver qu'il a le droit de nous traiter comme des petits délinquants, puis nous explique que le camping, en interprétant sa définition, veut dire avoir un matelas et à manger dans sa voiture. Nous faisons donc du camping 24h/24 7j/7… Nous finissons par lui donner l'adresse de Carol, en précisant bien qu'elle travaille ici, que son mari travaille au comté (pas le fromage), et qu'il peut l'appeler pour vérifier. Il semble déçu, il semble aimer mettre des amendes aux gens, là il ne pourra pas. Bon, dans la réalité, on n'a pas du tout dormi chez Carol, mais sur le parking du Novotel, et Carol nous avait bien précisé qu'il fallait qu'on donne son adresse, et qu'elle lui dirait qu'elle nous héberge contre des faveurs sexuelles. Manque de bol pour nous, il ne l'aura pas appelé.
Avant de partir, le ranger nous refait un coup de morale puis, fièrement, explique (à Vincent uniquement), que les français lui ont donné un surnom, "Enculé", cqfd.
Un peu étonné par le traitement que nous avons eu, nous passons à la police pour savoir réellement ce qu'il en est des droits et devoirs du ranger. Visiblement, personne ne prend au sérieux ce dernier, l'agent de police nous expliquant qu'il ne faut pas du tout nous inquiéter concernant le drapeau rouge des douanes, ça n'existe pas pour ça, que le ranger fait son même petit tour tous les matins aux mêmes moments aux mêmes endroits et qu'il arrive trop tard pour du flagrant délit de dormezage interdit ce pourquoi il nous harcèle et menace pour qu'on dise qu'on a dormi dans la rue. Bref, un petit cowboy sans réel poids pour la ville de Exmouth.